OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Un Nobel ne fait pas le printemps http://owni.fr/2011/10/06/un-nobel-ne-fait-pas-le-printemps/ http://owni.fr/2011/10/06/un-nobel-ne-fait-pas-le-printemps/#comments Thu, 06 Oct 2011 10:16:41 +0000 Yves Gonzalez-Quijano http://owni.fr/?p=82283 [Mise à jour, lundi 10 octobre] Vendredi, le prix Nobel de la paix 2011 a été remis à la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, à l’activiste libérienne Leymah Gbowee, et à la militante yéménite Tawakkul Karman. Le comité les a choisies “pour leur lutte non-violente pour la sécurité des femmes et pour le droit des femmes à participer pleinement à la construction de la paix”. Sur son blog, Yves Gonzalez-Quijano a réagi à cette nomination : “Un Nobel un peu collectif (trois récipiendaires) et le “printemps arabe” associé au prix Nobel de la paix sans en occuper, au risque d’un malentendu, le centre : bonne pioche les Nobel !”

On a envie de paraphraser la belle formule employée vers la fin du mois de mai dernier par trois intellectuels syriens exhortant Bernard-Henri Lévy, au regard de ses antécédents vis-à-vis de la question palestinienne, à bien vouloir s’abstenir de toute intervention sur ce qui se passe dans leur pays… Elle pourrait en effet très bien convenir aux jurés de l’académie suédoise dont on dit que les choix pourraient, dans quelques jours [ndlr : remis vendredi 7 octobre] consacrer une figure arabe !

Pour le prix Nobel de la paix, on parle ainsi soit de l’Égyptienne Esraa Abdel-Fattah, une des militantes du Mouvement du 6 avril, organisation au cœur des mobilisations qui ont conduit au renversement de Moubarak, soit de la Tunisienne Lina Ben Mhenni (une universitaire de 26 ans dont le blog a déjà été distingué en juin dernier par les très reconnus BOBs Awards, organisés par le Deutsche Welle Global Media Forum). Dans les deux cas, les médias nous expliquent qu’il s’agit de saluer à la fois la contribution des médias sociaux et celle de femmes militantes du Printemps arabe©.

Sollicitude soudaine

Une “brillante idée”, naturellement ? Pas si sûr si l’intention est bien d’apporter un soutien explicite à des “musulmanes modérées”. Nonobstant le fait que l’Égyptienne qui serait retenue pour le prix s’obstine à porter un foulard de tête bien inquiétant pour ceux qui croient que c’est un premier pas vers la “burqa intégrale” comme on dit aujourd’hui en France, on peut facilement imaginer que l’octroi d’un prix aussi prestigieux va susciter bien des envies… Autrement plus grave est le fait que, dans le contexte actuel, une telle reconnaissance risque fort de conforter dans leur point de vue tous ceux qui s’interrogent sur la soudaine sollicitude des nations les plus riches vis-à-vis du monde arabe, et qui voient, à l’image de ce qui s’est passé en Libye sur le terrain militaire, une grossière ingérence étrangère sous couvert de nouveaux médias et de soutien à la liberté d’expression.

Quel que soit le crédit qu’on accorde à une telle argumentation, il faut bien reconnaître que le seul fait qu’on mentionne également, toujours pour le prix Nobel de la paix, le nom de Waël Ghoneim donne du grain à moudre à ceux qui pensent que l’employé de Google, le géant américain de l’Internet, est sans doute une icône médiatique parfaite, non pas pour les Arabes mais pour l’”Occident” (à qui il destine d’ailleurs ses Mémoires de combat qui seront publiés par un éditeur américain).

De quoi conforter dans leur opinion des analystes tels que Rabab el-Mahdi, professeure de sciences politiques à l’Université américaine du Caire, qui lisent ce nouveau narrative élaboré à l’occasion du soulèvement arabe comme une manière de reconnaître une certaine opposition pour mieux ôter toute légitimité à tout ce qui serait trop violemment barbu et trop éloigné des “bons” critères de la modernité politique ! D’ailleurs, en 1988 déjà, lorsque le Nobel de littérature avait été décerné au romancier égyptien Naguib Mahfouz, certains avaient estimé que cette reconnaissance de la fiction arabe moderne venait bien trop tard.

En ne mentionnant que ses textes les plus traditionnels et les moins susceptibles de faire entendre la spécificité de la narration arabe (il est vrai qu’il n’y avait guère de traductions à cette époque…), le prix consacrait enfin un auteur, devenu acceptable sur le plan international dès lors qu’il s’était associé au traité de paix voulu par Anouar El-Sadate, mais violemment refusé par une très grande partie de l’opinion non seulement égyptienne mais arabe.

Rendez-vous raté

Un rendez-vous raté en somme, qui pourrait bien se répéter. Car pour ce qui est de l’autre prix qui, selon les experts, pourrait bien aller à un Arabe, là c’est vraiment de la dynamite comme aurait pu dire Alfred Nobel ! “Il est temps de couronner un poète du Proche-Orient”, se murmure-t-il ainsi dans les couloirs feutrés où se font les prix internationaux. Déjà, on aimerait qu’un prix aussi important ne vienne pas enfoncer des portes désormais ouvertes grâce au combat des manifestants arabes ! On aurait ainsi aimé qu’une telle idée ait germé dans des esprits moins frileux, par exemple lorsque Mahmoud Darwich était encore vivant… Mais il y a peu encore, le monde arabe était fort peu à la mode et la voix de la résistance palestinienne – pourtant traduite dans une multitude de langues – ne suscitait visiblement pas de bons échos !

Et surtout, s’il est bien vrai que l’idée du jour est de récompenser l’œuvre sans nul doute importante de cet autre poète qu’est le “Libanais syrien de naissance” Adonis, il s’agit ni plus ni moins d’un contresens tragique ! Passons sur le fait qu’Adonis a déjà été fort bien récompensé (il vient encore de remporter le très prestigieux prix Goethe en juin dernier)… Mais que cette incarnation, aujourd’hui fort âgée, d’une certaine forme d’opportunisme intellectuel passe pour un authentique représentant de la jeunesse révolutionnaire arabe, au prétexte qu’il a fini des mois après le début des événements qui font tellement de victimes dans son pays natal, par publier une filandreuse lettre ouverte au président syrien, c’est vraiment user du politiquement correct pour insulter la mémoire des vrais résistants arabes.

Messieurs du Nobel, de grâce, épargnez aux Arabes un tel soutien !


Article initialement publié sur Culture et politiques arabes sous le titre “Un Nobel politiquement correct ? Epargnez aux Arabes un tel soutien !”.

Illustration & Photo FlickR CC [by-nc] ereneta [by-nc-sa] Betsithedivine

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Pourquoi Internet n’a pas gagné le prix Nobel de la paix http://owni.fr/2010/10/12/pourquoi-internet-na-pas-gagne-le-prix-nobel-de-la-paix/ http://owni.fr/2010/10/12/pourquoi-internet-na-pas-gagne-le-prix-nobel-de-la-paix/#comments Tue, 12 Oct 2010 11:00:36 +0000 Federica Cocco http://owni.fr/?p=30964 Le manifeste avait été présenté au mois de novembre 2009, et Riccardo Luna – le rédacteur en chef de Wired Italie – avait été inspiré par la soi-disant “révolution Twitter” en Iran, quand des centaines d’opposants sont descendus dans les rues de Téhéran après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en mai 2009.

La proposition a été saluée par de nombreuses personnalités, parmi lesquelles on retrouve des “technôlatres” tels que Nicholas Negroponte, professeur et chercheur au MIT, ou Shirin Ebadi, lauréate iranienne du prix Nobel de la paix, mais aussi des soutiens plus inattendus, comme Giorgio Armani, Vodafone, Citroën et Microsoft.

Pourquoi tenaient-ils tant à prendre part dans cette initiative?

Je ne doute pas complètement de la sincérité des politiques de responsabilité sociale des entreprises, mais la rhétorique employée ressemblait à s’y méprendre à une stratégie marketing et PAS à une campagne sérieuse visant à récompenser des initiatives pour la paix.

Le show avait été présenté au Piccolo Teatro de Milan. Sous les projecteurs, agrippant fermement son micro, Riccardo Luna, ponctuellement épaulé par David Rowan, le rédacteur en chef de Wired Royaume-Uni, déclamait une version en anglais du manifeste, qui racontait en substance:

Nous avons finalement réalisé qu’Internet est bien plus qu’un réseau d’ordinateurs. C’est une toile infinie de personnes. Des hommes et des femmes des quatre coins de la planète se connectent entre eux, grâce à la plus grande interface sociale dans l’Histoire de l’humanité. La culture digitale a jeté les bases d’une nouvelle forme de société. Et cette société prône le dialogue, le débat et le consensus au travers de la communication. Parce que la démocratie a toujours prospéré là où il y a de l’ouverture, de l’acceptation, de la discussion et de la participation. Et le contact avec les autres a toujours été le meilleur antidote à la haine et au conflit.
Voilà pourquoi Internet est un outil pour la paix.
Voilà pourquoi tous ceux qui l’utilisent peuvent semer les graines de la non-violence.
Et voilà pourquoi le prix Nobel de la paix devrait aller au web.
Un Nobel pour chacun d’entre nous.

Il y avait un autre invité d’honneur, Mauricio Costanzo, que peu d’entre vous connaissent mais qui, pour résumé, est un hybride italien entre Jerry Springer et Jean-Luc Delarue. Et on ne peut pas vraiment dire qu’il respire la crédibilité lorsqu’il s’agit de défendre la paix, l’innovation et l’information désintéressée.

Plus tard, même le show-biz est entré dans la danse, avec des célébrités comme Jude Law publiant des vidéos louant Internet4Peace – pour le compte de l’ONG Peace One Day.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La campagne a été ratifiée par 160 parlementairs italiens – et en tant qu’Italienne, je le confesse, une question me vient à l’esprit: ce sont les mêmes politiques que ceux qui ont approuvé cette loi inique qui impose la censure aux blogs? N’est-ce pas ironique que la proposition de Nobel soit mise en avant par un pays qui a vu se réduire comme peau de chagrin son budget pour la recherche et l’éducation? Rappelez-vous, un petit groupe de copains obséquieux a proposé que l’inénarrable “Silvio” soit récompensé de tous ses efforts pour la paix.

Bien sûr, nous essayons de changer la donne – malgré une fuite des cerveaux que rien ne semble pouvoir enrayer – mais une campagne pour un Nobel dictée par une arrière-pensée commerciale est-elle le bon point de départ? Plus particulièrement quand elle défendue par des entreprises dont l’intérêt ne réside pas toujours dans la liberté de l’information, et encore moins dans la paix. Il faut par exemple penser aux premières initiatives d’Armani sur le web. Son premier fait d’armes a été de poursuivre un blogueur éponyme afin de mettre la main sur le nom de domaine Armani.it et de l’utiliser à des fins commerciales. Pas le meilleure exemple de nétiquette, vous en conviendrez.

Nombreux sont ceux qui invoquent la pornographie, la pédopornographie ou les sites qui encouragent la violence pour justifier leur désaccord sur cette nomination. Récemment, un article intéressant de Julian Baggini sur le site de la BBC cherchait à déterminer si nous considérons Internet comme une influence systémique sur notre façon de penser et de communiquer, puisque “les bons systèmes peuvent réellement promouvoir un meilleur comportement”, alors que dans le même temps, la fameuse expérience de Milgram a démontré que les individus sont bien plus enclins à infliger une douleur à une autre personne si ils ne la voient pas, et ce malgré des signes audibles de protestation.

“Arme de construction massive”

Pensez un instant à la belligérance assez remarquable qui s’étale sur les fils de commentaires (l’expression proverbiale reductio ad hitlerum, plus connue sous le nom de point Godwin, vient à l’esprit). A en croire le chercheur Evgeny Morozov, “qu’il s’agisse de traquer les blogueurs dissidents, de diffuser leur propre propagande en ligne ou de lancer des cyberattaques, les régimes autoritaires se sont imposés comme des utilisateurs très actifs du web”.

C’est un risque que nous courons en Europe à ce moment précis, avec des lois comme Hadopi en France, la Lodo Alfano en Italie, ou encore la Digital Economy Bill au Royaume-Uni. Morozov ajoute même ceci: “Donnerions-nous le prix Nobel à un fusil-mitrailleur parce qu’il est susceptible d’être utilisé par des Casques Bleus de l’ONU?”. Peut-être. Les autres options ouvrent la voie à une autre arme de construction massive:

Les contempteurs ont ajouté: “Pourquoi ne pas le donner aux pigeons voyageurs?” Et en effet, ils ont rendu un fier service à l’amélioration de la communication entre les hommes, en leur temps!

A écouter ceux qui l’ont nominé, Internet devrait gagner le Nobel de la paix parce qu’il s’agit d’un outil important pour promouvoir la participation, la démocratie et une compréhension mutuelle entre les cultures. En effet, la formule magique utilisée dans ce contexte est qu’ ”Internet est une arme de construction massive” – un slogan qui, selon une source, a été mis au point par la seule employée féminine et sous-payée de la rédaction de Wired Italie.

Ne vous méprenez pas, je sais que les motivations autour de cette candidature sont nobles. Pour résumer, je dirais que le point faible de cette campagne réside dans le fait qu’elle est relayée par la même corporation qui érige la liberté individuelle en priorité – ce qui rend la tentative pharisaïque et lourdement grevée. Fondamentalement, il ne s’agit que d’une manœuvre rondement menée , rien d’autre. Je devrais le savoir, j’ai travaillé pour Wired.

En dehors de ces considérations, je trouve digne d’intérêt que chaque geek-potentiel-lecteur-de-Wired avec qui j’ai parlé soit opposé à l’initiative. Pourquoi?

Le site d’Internet4Peace pourrait apporter un premier élément de réponse technique. Mais ce qui me vient en premier lieu à l’esprit, c’est un épisode de IT Crowd dans lequel les personnages principaux tendent une boîte à leur manager “technonaïve”, en affirmant que “les anciens d’Internet” l’ont autorisée à utiliser le web pour une conférence.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Même si, selon le Vancouver Sun, Internet figurait dans la liste finale, il y avait, parmi les 237 candidats des profils bien plus légitimes, surtout si vous considérez celles de Democratic Voice of Burma, de la Cour Spéciale pour la Paix du Sierra Leone, de l’activiste des droits de l’homme afghane Sima Simar, et celle du vainqueur, bien entendu, le dissident chinois Liu Xiaobo.

Cet article a initialement été initialement publié sur Owni.eu

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Plongée au cœur du graphène http://owni.fr/2010/10/05/plongee-au-coeur-du-graphene/ http://owni.fr/2010/10/05/plongee-au-coeur-du-graphene/#comments Tue, 05 Oct 2010 11:46:03 +0000 David Larousserie http://owni.fr/2010/10/05/plongee-au-coeur-du-graphene/ Le graphène vient de valoir à ses deux inventeurs, Andre Geim et Konstantin Novoselov, le prix Nobel de physique 2010. En 2007, des physiciens français se retrouvaient pour un premier workshop consacré à ce matériau unique. Voici le récit de cette rencontre.

Ils pensaient être 30. Ils sont finalement une centaine, rassemblés à Orsay pour un premier workshop consacré à un sujet qui monte, que dis-je qui explose, le graphène. Le graphène est une nouvelle molécule aux propriétés électroniques remarquables. C’est un cristal plat (le plus plat du monde) uniquement constitué d’atomes de carbone disposés régulièrement en nid d’abeilles. Il pourrait bien remplacer le silicium de la microélectronique. Ou être plus efficace que les célèbres nanotubes de carbone. Nous n’en sommes pas là. Mais depuis sa mise en évidence bien réelle en 2004, c’est un peu la folie dans les labos. “Je compte environ un article par jour depuis un an. Le rythme est tel que nous devons faire une réunion hebdomadaire dans le labo pour suivre”, témoigne l’un des co-organisateurs de ce workshop.

Ça commence fort

Le directeur du laboratoire, hôte de la conférence, commence fort. “Le graphène est un sujet non programmé par les technocrates, et non réductible à sa dimension “nano”". Pan ! pour la tendance à vouloir tout financer sur projet. Pan ! sur les effets de mode autour des nanotechnologies.

La suite est tout autant inattendue mais surtout émouvante : une minute de silence pour Pierre-Gilles de Gennes, dont le décès a été annoncé le jour même. Le physicien avait passé 10 ans dans ce labo entre 1961 et 1971.

Les secrets du graphène

Puis le graphène entre en scène. Le premier orateur commence avec ironie. “Je vais vous raconter de la vieille physique et pas de nouvelles choses”. Moi qui m’attendais à des révélations fracassantes, ça commence mal. Non, en fait ça commence très bien car c’est un véritable petit cours de physique du solide reprenant les bases de la structure électronique des solides. C’est extrêmement pédagogique. Quand on pense qu’il y a un an ce jeune maître de conf’ s’occupait d’atomes froids… En fait, s’il explique qu’il n’y a rien de neuf, c’est qu’on connaît presque tout du graphène depuis…1947, sur le papier. Le problème est qu’on pensait que ce cristal ne serait jamais stable en deux dimensions, et qu’il voudrait se mettre en tube (nanotube) ou en boule (fullerène). Soudain c’est la panne de projecteur. Pas de problème pour le brillant orateur, il continue au tableau, comme un prof (dont les élèves sont presque tous plus âgés que lui !).

Petit à petit, le graphène révèle ses secrets, ses mystères et ses belles propriétés. “On ne sait pas comment l’appeler. Ce n’est ni un métal, ni un semiconducteur, ni un isolant”, explique le chercheur. Et, il avertit : “attention aux notations. Chacun utilise les siennes. J’ai mis du temps à le comprendre”. J’avoue que je commence à lâcher prise…

A la fin de l’exposé, les questions fusent. “Et si on le dope ? (le graphène, pas l’orateur)”. “Et si on met du désordre ?”. Quelles drôles de questions…

Mise en pratique

A la pause, l’enthousiasme est palpable. Certains poursuivent les discussions à une table sur du papier. Quelques uns sont contents de se retrouver. Il y a des curieux, pas encore familiers du graphène, comme ces physiciens travaillant sur des gaz d’atomes froids ou sur des gaz d’électrons à deux dimensions. A la reprise, c’est un cours de cuisine, sur trois façons de faire du graphène. Il y a la méthode “historique”, la plus simple : une mine de crayon à papier et du scotch. Avec le scotch on arrache feuille par feuille des tranches de graphite et dans le lot on espère trouver une monocouche de graphène. Comme ce n’est pas si facile, la start-up anglaise qui en fabrique fournit un petit plan avec une croix à côté de l’endroit où se trouve le fameux graphène…

Konstantin Novoselov, qui a co-inventé cette technique et vient d’obtenir le prix Nobel, en profite aussi pour ré expliquer des choses vues dans le premier exposé. D’une autre façon !

La seconde recette est franco-américaine : on met deux heures au four à 1400 degrés du carbure de silicium et hop, le silicium s’en va laissant des plans de carbone en surface. C’est très rapide à faire mais d’après l’assistance ça ne fait pas le même graphène !?! La troisième recette est vraiment française et utilise de la colle (“On en a testé des dizaines avant de trouver la bonne”, raconte l’orateur). Du graphite est collé sur une surface puis retourné et pressé sur une autre. D’un coup de scalpel on enlève le support et à coup de scotch, on exfolie le graphite jusqu’à avoir du graphène. L’avantage est que la couche est très plate.

Puis, j’ai abandonné les physiciens à leurs exposés qui se compliquaient de plus en plus…

>> Billet initialement publié sur le blog “À la source”.

Illustration FlickR CC par qwertyuiop.

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